Alban JARRY in Marketing et Produit, Dirigeants et Experts, beBee en Français Auteur de tribunes • Forbes Apr 9, 2017 · 5 min read · +200

Le monde des réseaux sociaux en 28 idées de A à # (1ere partie)

Le monde des réseaux sociaux en 28 idées de A à # (1ere partie)


Nouvel écosystème de l’internet, les réseaux sociaux sont devenus des instruments extrêmement puissants du monde moderne. Milliers, Millions, Milliards d’abonnés, les chiffres s’envolent. Tous les mois des records d’inscriptions et d’utilisations sont pulvérisés.

Autrefois, la communication entre les peuples se répartissait souvent par zone géographique, par pays ou par langue. Avec l’avènement de l’ère des réseaux sociaux, tous les murs tombent les uns après les autres. L’information circule instantanément vers chaque point du monde, nous sommes tous lus et partagés par des dizaines de milliers d’humains.

La planète atteint un nouveau seuil de maturité, sommes-nous à l’aube d’une nouvelle révolution numérique où, tous, nous pourrions vivre universellement ?
A

Au commencement de l’internet, en 1972, Ray Tomlinson inventa le courrier électronique, premier système de mise en réseau d’individus par le biais d’ordinateurs. La communication virtuelle était née. Notre monde basculait dans une nouvelle ère de sociabilité où l’être humain pourrait dématérialiser sa communication, voire se dématérialiser lui-même un jour. Dès le départ, les réseaux d’ordinateurs devaient faire communiquer des hommes éloignés les uns des autres et permettaient de rendre invisible les distances. Au début des années 90, le web naissait, la communication allait devenir mondiale et connaître sa révolution. Aujourd’hui, chaque pays compte des millions d’internautes et plus de 2 milliards dans le monde. Toutes les frontières sont tombées ou presque. Tous peuvent réseauter.

B

Bloomberg est un symbole du monde financier et des réseaux. Dès sa création, il inventa un système de messagerie professionnelle mondiale qui permit la connexion de dizaines de milliers de financiers.

Deux castes se créèrent : ceux qui avaient des terminaux Bloomberg, avaient un profil et pouvaient communiquer entre eux, et ceux qui étaient absents du système. Grâce à cette innovation, Bloomberg bâtissait les clés de son succès futur.

De nouvelles technologies, avant-gardistes, se construisent actuellement, basées sur l’exploitation par des algorithmes des données qui circulent dans la messagerie. Le marché mondial et ses utilisateurs sont scrutés, ils enrichissent une méga base. Le réseau s’étend en intégrant des données externes comme Twitter en avril 2013. Il accélère au rythme des transactions financières.

 C

Curation désigne de nouveaux médias sociaux de partage d’informations déjà existantes sur la toile. Grâce à la curation, un internaute va s’approprier plus facilement des nouvelles pertinentes triées par un autre internaute qui aura thématisé des sites ou des flux.

La curation interroge sur le droit d’auteur. La facilité de créer un site, et la fréquentation qui va avec, repose sur la propriété intellectuelle des autres. Est-il moral, dans ce monde virtuel que nous construisons, d’avoir le pouvoir de tout partager sans contrainte ?

 D

Dropbox. Tel un touareg qui se promène dans le désert, l’internaute n’a besoin que de l’essentiel en déplacement. Il ne s’encombre plus de fichiers immatériels sur une clé USB ou un disque dur. Le monde du XXIème siècle est nomade, l’internet s’adapte en proposant des innovations sur le « Cloud ».

Avec ce type de solution, nous n’avons plus nécessité de réfléchir sur les versions de nos fichiers, sur la prise en compte des dernières modifications, les robots les gèrent à notre place tels de fidèles majordomes disponibles 24 heures sur 24. Nous entrons dans un univers de haute disponibilité, le monde tourne vite, nous devons sans cesse anticiper.

 E

Elearning, ou l’apprentissage dématérialisé, est une technique de formation sur internet qui évite la présence physique d’un enseignant. Après avoir vilipendé pendant des générations les différents systèmes scolaires, l’Homme espère enfin avoir trouvé la méthode universelle et idéale. Pour faire bonne mesure, pour le moment, ce système n’est utilisé que « dans le cas où un enseignant n’est pas nécessaire ». Pour former les masses, l’elearning est présenté comme le système le plus efficace. Générera-t-il un monde uniforme, aseptisé où le virtuel remplacera toute relation humaine ?

 F

Facebook, le réseau de plus d’un milliard de membres actifs. Si un nom doit ressortir de la nouvelle universalité des réseaux sociaux, Facebook écrasera tous les autres. Les professionnels le dénigre, les jeunes y passent leur temps. Symbole des différences générationnelles, il peut provoquer tous les abus quand des milliers de jeunes se retrouvent pour célébrer un anniversaire annoncé sur un compte. Dans certaines régions du monde, les autorités totalitaires le craignent en le bloquant car il peut y souffler un vent de liberté.

La vie privée s’y étale souvent de façon non maitrisée, tel un enfant qui apprend à marcher ; l’internaute peut y chuter. L’Homme parviendra-t-il à maitriser son utilisation et à retenir les leçons de ses erreurs ?

 G

Google+. En se connectant à internet, Google est la page de démarrage la plus utilisée mondialement. Ce fantastique moteur de recherche permet de résoudre n’importe quelle énigme instantanément.

La firme de la Silicon Valley, qui avait déjà appris à l’humanité à survoler la terre (Earth), à visiter le monde sans se déplacer, à visualiser tous les commerces d’une rue (Street), à utiliser ses applications sur un smartphone, ne pouvait rester absente plus longtemps des réseaux sociaux modernes. En conséquence, elle lança en 2011 Google+.

Google connecte l’utilisateur lui-même à toutes ses applications, il se sent au centre d’un nouvel univers composé de milliards d’atomes humains. Parviendra-t-il à y cultiver la différence qui fait sa valeur ?

 H

Hootsuite. Partout dans le monde, des milliards d’êtres humains s’activent … infatigables. Ils vivent à 100 à l’heure, optimisent leur temps, cherchent à accroitre leurs actions coïncidentes. Hootsuite minimise le temps passé sur les réseaux sociaux en les agrégeant. Les posts envoyés simultanément sont propagés via une unique plateforme.

L’homme économise son énergie … son temps, il évite de se disperser dans la multitude des labyrinthes mis à sa disposition. La dépendance aux multiples plateformes s’atténue pour l’internaute averti. La contrepartie est le risque d’une uniformisation des publications, notre monde se standardise d’est en ouest, du nord au sud. Les lecteurs n’acceptent plus la différence.

 I

Information instantanée, information actualisée, les réseaux sociaux sont une course permanente au dernier événement propagé sur internet. Une chevauchée impitoyable au scoop s’est installée, il faut être le premier à informer le monde pour être propagé. Tous les abus sont possibles, des hoax circulent. L’internaute doit trier ou trouver des relais fiables qui feront cette tâche à se place. La qualité se paye, elle est essentielle. Des flux agrègent les nouvelles, la trie pour en optimiser sa lecture.

En parcourant le web, l’utilisateur élargit ses connaissances, découvre l’actualité de chaque point du globe, il a l’impression de tutoyer le pouvoir.

 J

Journaux. A l’ère du numérique, nos traditionnels journaux doivent se réinventer sous peine de disparaitre. Les formats changent, leur modèle économique passé est en train de s’effondrer. Pour accentuer la taille de l’obstacle, une nouvelle concurrence mondiale s’installe. Il n’est plus utile d’être installé localement pour avoir des lecteurs, les journalistes sont concurrencés par des millions de bloggeurs.

La sélection se refera, les souvenirs des anciennes publications guideront un lectorat qui redeviendra exigeant. Leur qualité, historiquement reconnue, servira pour la conquête de cet univers qui a essayé de les remplacer et de les oublier. Le monde ne peut abandonner sa mémoire et doit conserver ses points de repères.

 K

Kilimandjeteur est un terme étonnant que le dictionnaire du futur défini ainsi : « Historien spécialisé dans les objets, usages, habitudes sémantiques victimes des évolutions technologiques ou sociétales ». Face aux mouvements subits par notre monde, des témoins du passé et des usages sont primordiaux. Les réseaux sociaux évoluent sans cesse, certains géants y surgissent d’autres disparaissent. Ils peuvent enterrer d’anciens supports de lecture comme le papier.

Cet univers en mouvement, reflet de notre société, nécessite une analyse profonde et régulière des comportements. L’humanité peut-elle vivre sans se souvenir ? La transmission entre générations a toujours été le support de la mémoire de l’Homme.

 L

Linkedin relie les professionnels partout dans le monde. Pour les conquérir, il a dématérialisé le CV puis proposé un nouveau mode de communication. Les frontières de l’entreprise se réinventent. La communication évolue, des groupes se créent, il faut être dans le réseau pour exister.

De nos jours, le PC est devenu l’outil indispensable de notre production quotidienne, la messagerie occupe une part de plus en plus importante de notre temps, des systèmes intégrés et interprofessionnels se développent pour connecter les salariés de l’Entreprise Universelle. Linkedin est en phase de croissance, jusqu’où s’étendra-t-il ?

 M

Monde professionnel et monde personnel s’entrecroisent sur les réseaux. Tels le Yin et le Yang, ils sont complémentaires et symbolisent la dualité de l’image sur les réseaux sociaux. Ils représentent toutes les facettes d’un internaute, une image véhiculée dans l’un ne peut s’oublier dans l’autre.

Le monde est un tout dans cet univers, nul ne peut réseauter sans lien avec les autres. Dans les discussions, des relations d’oppositions se créent, génèrent de l’interdépendance voire de la mutation. Le concept du Yin et du Yang s’applique en tout temps, une couleur l’emportera-t-elle sur l’autre ?

 N

Nouveauté omniprésente, nouveauté indispensable, le changement est devenu le mode de fonctionnement du monde virtuelle. Sans cesse de nouveaux réseaux se créent, des concepts apparaissent. L’humanité a enclenché un mouvement perpétuel d’innovations. La fraîcheur de l’idée est devenue source de création et de distinction.

Une fois apparue, l’internaute insatiable va zapper et chercher une autre nouveauté. La marche en avant est sans cesse alimentée et le besoin d’être rassasié infini. Est-il encore possible de vivre sans innovation, une grève de la faim est-elle envisageable pour ralentir le système ?

A suivre dans la prochaine tribune ...


Alban Jarry

Tribune publiée initialement dans le numéro 122 de La Nouvelle Revue de Géopolitique