Bernard Poulin in Art, Culture, Arts Plastiques Painter, Portrait Painter • Bernard Poulin Studios Sep 22, 2017 · 1 min read · +100

Rwanda

Rwanda

Rwanda

huile

24" x 72" ( 61cm x 182.9cm)

2011 - 2016

Aujourd’hui, je dévoile un tableau qui depuis 5 ans m’accapare. Ce résultat de mes coups de pinceau parle non pas de fleurs et d’arcs-en-ciel, mais plutôt d’horreurs et d’espoirs - des horreurs à ne pas oublier et des espoirs nous rappelant que la quête de l’excellence permet toujours, d’améliorer nos demains, malgré les piètres efforts de nos hiers.

Débuté en 2011, je la signe enfin en 2016. Elle se veut portrait d’un moment historique, d’un moment horrifique tout en demeurant le portrait d’un homme qui s’est débattu, de peine et de misère, pour sauver la vie de tout un peuple. Le tableau se veut donc un rappel - un “n’oublions pas”. . . C’est une toile qui cherche à nous rappeler qu’au Rwanda en 1994, comme en Europe en 1933, le monde avait d’autres chats à fouetter. . .

Malgré le fait qu’il a supplié la terre entière d’intervenir, le Lieutenant général Roméo Dallaire en est resté quasi seul à faire face à un massacre imminent. Et. . . trop vite, le possible impossible s’est dévoilé. 800,000 hommes, femmes et enfants rwandais sont morts. Et aujourd’hui, ce même Lieutenant général affronte toujours les “démons du vrai”; ces démons qui crachent sur sa vie de témoin - sur cette vie qui a osé voir, ressentir, toucher, goûter et entendre les cris d’effrois et le désespoir final d’un peuple en son entier.

“Le génocide était brutal, criminel et dégoûtant et s’est éternisé pendant 100 jours aux yeux de la communauté internationale.” - Roméo Dallaire

Depuis, le corps, le coeur et l’âme de Roméo Dallaire souffrent des conséquences de l’obscénité de cette pièce de théâtre morbide qui continue à se rejouer en lui - et ça, durant ses jours et pendant le sommeil de ses nuits bouleversées. Comment se fait-il qu’un homme doive toujours porter sur ses épaules et dans son âme un poids dévastateur qui, en toute conscience, se veut le nôtre?

Et nous. . . comment pouvons-nous refuser de reconnaître, de souligner, de nous rappeler. . . Comment peut-on continuer à effacer de nos esprits les horreurs d’un mal “vrai” qui se veut le pire depuis l’Holocauste de la 2e guerre?

Malgré tout. Autant qu’elle est réflexion d’horreurs vécues, autant cette toile se veut positive - en soulignant aussi les démarches héroïques de cet homme qu’est Roméo Dallaire - celui qui pendant tous ses aujourd’huis et ses demains n’oublie pas - celui qui cherche toujours à rendre meilleur ce monde qui a ignoré une tuerie de 800,000 personnes.

Par son “Roméo Dallaire Child Soldiers Initiative” il cherche maintenant à sauver l’âme des enfants volés par les diables qui sont nôtres - même si les sauver veut dire le faire “un à la fois”.

C’est tout de même mieux que d’oublier qu’on oublie trop vite - et trop souvent - et que le monde n’est pas tout simplement une belle boule bleue romantique. Mais, de dire Roméo Dallaire :

"Je sais que Dieu existe parce qu’au Rwanda, j'ai serré la main du diable. Je l'ai vu, je l'ai senti et je l'ai touché. Je sais que le diable existe et donc je sais qu'il y a un dieu. "



Bernard Poulin Sep 22, 2017 · #2

#1 Merci bien Pascal

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Pascal Derrien Sep 22, 2017 · #1

Tres beau texte en plus d une superbe peinture 👏

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