Yann Rousselot-Pailley en Sharing Economy, beBee Canada in French, beBee en Français CEO • 2PS 1/10/2016 · 4 min de lectura · +400

Le Darwinisme et l'émergence de l’économie collaborative

Le Darwinisme  et l'émergence de l’économie collaborative

Lentement mais inévitablement, chaque secteur industriel voit apparaître un nouveau type de modèle d'affaire que l'on appelle tantôt économie de partage tantôt économie collaborative. Lorsque quelque chose de nouveau apparaît, on se demande souvent s'il s'agit réellement d'une évolution ou d’un simple changement de forme. Et lorsqu'on pense à l'évolution, on songe à Darwin et à la compétition pour la survie. Or, la collaboration n'est-elle pas justement l'inverse de la compétition?

Le modèle Lotka-Volterra

Le Darwinisme  et l'émergence de l’économie collaborativeVito Volterra, mathématicien et physicien italien du début du XXeme siècle, fut confronté à un problème curieux de dynamique des populations. Entre 1905 et 1923, il a étudié les effectifs des populations de sardines et de leurs prédateurs en mer Adriatique. Il constate que les populations semblent osciller et, qui plus est, en décalage de phase. Volterra, spécialiste des systèmes dynamiques et des équations différentielles, a quant à lui construit un modèle d'évolution de ces populations, paru en 1926. Indépendamment, un mathématicien américain, Alfred James Lotka, publie en 1924 un modèle équivalent. Le modèle de Lotka-Volterra était né. Le modèle est simple, mais ses conclusions sont surprenantes!

Dans la nature, les variations de la population de proies sont presque toujours proportionnelles à la population de leur principal prédateur, et vice versa.

Logiquement, lorsque la population de proies diminue, il en va de même de la population du prédateur. Cependant, dans le cas inverse, la courbe est contre-intuitive. Par exemple, des chercheurs américains ont observé que lorsque le nombre de Lynx a diminué, la population de sa proie, le lièvre, a elle aussi diminué régulièrement au cours des années suivantes, alors qu'intuitivement, on s'attendrait à une augmentation. Le proverbe "quand le chat n'est plus là, les souris dancent" n'est finalement pas vrai. Au contraire, il faut observer une augmentation de la population de prédateurs pour constater celle de leurs proies.

La relation proie-prédateur se révèle donc être un système dépendant d'un ratio plutôt que d'une densité. Les systèmes qui se stabilisent eux-même ainsi sont dis autocatalytiques. Cependant, ces systèmes nécessitent des boucles de rétroaction pour compenser les changements ; toutefois dans les relations entre les prédateurs e